
Lors d’un rendez-vous, il y a différentes formes de réception.
Soit la personne massée fait un transfert et projette sur moi ce que mon corps de femme, de masseuse, de personne professionnelle incarne pour elle. Soit la personne baigne dans la pratique, comme une sorte d’espace dans lequel nous nous serions déplacés.
Pratique qui prends existence grâce à nos deux mutuelles présences (massé.e et masseuse), à l’espace contenant qui nous accueille et à tout un champ de compétences exécutées qui peuvent paraître invisibles tellement l’interaction semble naturelle. Ce naturel d’accueil dans la création d’intimités sensorielles est le fruit de multiples apprentissages, de compétences acquises.
Il y a l’effet, « je vois Avril » ou « je ne vois qu’Avril », ce lien vécu provoque l’envie de la connaître, de s’en rapprocher encore plus, d’admirer ou d’apprécier cette personne là, de penser en terme d’individualité, de singularité ou d’unicité.
Il y a l’effet, « je découvre une pratique » réalisée ici et maintenant, ce jour mais donc réalisable ailleurs, autrement, avec quelqu’un d’autre ou même d’ailleurs, avec le monde entier!
Je ne juge pas le mouvement intuitif et réactionnel du cerveau reptilien. Nous sommes tous et toutes fait.es de rêves de rencontre en attente, de désirs de retrouvailles avec des personnes déjà parties, de carences affectives actuelles ou très lointaines, venant de l’enfance (celles-ci étant le plus coriaces). Ressentir de l’attachement, faire un transfert, projeter une figure propre à votre histoire sur moi peut être salvateur et même bénéfique si cela est lisible à votre conscience, que cette figure ne soit que de passage pendant les temps de massages et s’estompent ensuite avec la digestion émotionnelle et /ou que ce processus soit mis au travail, ensuite, ensemble.
Ce qui me chagrine dans l’effet numéro 1, lorsque celui-ci ne s’estompe pas et que la personne ne se rend pas responsable de ses ressentis, c’est que cet effet là éloigne les personnes concernées de leur propre puissance.
Ne pas voir qu’entre vous et moi, il y a une pratique, c’est faire de moi une personne unique, qui possèderait des super-pouvoirs et aurait tout à coup un rôle à jouer autre que celui que je tiens déja, une masseuse tantrique sur votre route d’éveil et de croissance, tandis que le reste du monde vous bouderait. A ces personnes là, je dis: ce monde n’attends que vous!
Non, je ne reçois pas les demandes en mariage car ce qui est à marier, c’est l’amour que vous vous portez à vous même! Et je suis le canal de cette énergie là.
La pratique du massage sensuel, tantrique ou cachemirien est une pratique ancestrale qui existe en chacun et chacune de nous depuis des millénaires. Nous passons beaucoup de temps à l’éviter, à la nier et cette force fait de celles et ceux qui osent l’utiliser des supers-héro.ines.
Si vous saviez ce qu’il faut de vulnérabilité pour être là. Pour être dans cette générosité céleste.
Si vous saviez que la force dans laquelle je puise pour pouvoir donner est celle de ma capacité à regarder frontalement les peurs et à fabriquer la vie AVEC elles.
Si vous saviez que le rôle que j’ai à jouer sur votre chemin est celui que je propose et pas un autre, pas autrement. Juste celui-là, tel que je vous l’expose.
Un article donc, sur la gratitude que j’invite chacun, chacune d’entre vous à célébrer. La gratitude que de telles pratiques existent, la gratitude à toutes celles et ceux qui les transmettent et fabrique un monde de paix, d’apaisement et de beautés.