Le playfight

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A vivre en duo ou en groupe à Terres d’Avril

Le playfight

Quand j’étais petite, je me faisais harcelée dans le bus de l’école. A chaque interaction, je bouillais à l’intérieur, quelque chose d’immense menaçait d’exploser mais jamais, jamais je n’ai rien laisser sortir. Longtemps je me suis demandée : pourquoi ?
Pourquoi je n’ai jamais eu l’idée d’utiliser cette force en moi pour dire: Stop

Aujourd’hui je sais.

Parce que j’étais une fille.
Parce que j’ai été éduquée comme une fille.

Je devais être sage, gentille, mignonne, pratique, bien rangée, silencieuse, ne pas prendre trop de place, être jolie, agréable à regarder juste ce qu’il faut de bien, de correct. « Elle est mignonne ta fille », c’est là que l’on m’attendait, que j’étais validée, que ma place dans le monde était confirmée.

Un jour en quatrième année de collège, après 4 bien trop longues années de collège à prendre ce bus, j’ai mordu l’un d’entre eux jusqu’au sang.

Exploser. 

Enfin. 

Faire sortir l’indignation. 
L’insupportable. 
Mordre. 

Déchirer.

J’aurais pu la dévorer cette main, tant j’avais accumulé de contenance.

Si vous saviez comme je me souviens encore de la joie grisante de m’être enfin défendue avec hargne et bestialité certes, mais avec tant de vérité. Je me souviens de la peur soudaine dans son regard, cette peur vécue milles fois en moi, la voir cette même peur enfin changer de visage et la percevoir pour la première fois à l’extérieur de moi… 

Ce jour-là, cette peur, je l’ai rendu à son propriétaire.

Ce jour-là j’ai compris que la colère n’appartenait pas qu’aux garçons.
Que la colère, ça permet avant tout de reconnaître et de rétablir la justice au milieu d’un abus.

Que donc pour les hommes comme pour les femmes, la colère, l’agressivité saine est avant tout un outil, un moyen de défense, un droit.

La colère n’a pas de genre ou ne devrait définitivement pas en avoir. 

Je n’ai pas été ensuite moins jolie, moins sage, moins correct.
J’ai juste été… beaucoup plus MOI !

A partir de ce jour, dans le bus, ce garçon m’a respecté, et tous les autres ont fait de même, parce qu’au collège on ne fait toujours que suivre celui reconnu comme le plus fort. Et lorsqu’on sent que le plus fort craint ou au minima respecte quelqu’un, tout le monde fera de même. C’est une jungle mais c’est une jungle dans laquelle si on s’y intéresse, on trouve des règles presque simples, presque bêtes.
La loi du plus fort, de qui fait peur à qui, et à qui faire peur pour avoir l’air fort. 

Les personnes qui n’ont pas de problèmes d’estime de soi n’ont pas besoin de dominer ou de faire peur à quiconque pour se sentir légitime d’exister.

Aujourd’hui je sais.
Celles et ceux qui font le plus peur au collège, sont les plus faibles et les moins vaillant.es à l’intérieur. 
Ils ont besoin d’une horde continuelle qui les regarde, qui rient avec eux, pour eux, quasiment à leur service, au service d’une estime de soi fragile, ayant tant besoin d’être rassurée, validée, enorgueillie. 

Ce n’est pas facile de choisir la voie du bien quand on est jeune. 

Grandir a son lot de terreur.
Je n’en veux pas à ces jeunes qui choisissent la voie du mal pour nourrir leur estime d’eux-mêmes cabossées.
Ils reproduisent inlassablement ce qu’ils voient en exemple dans un monde qui nous demande d’être forts, toujours plus forts et quand ce n’est pas le cas, alors au moins, d’en avoir l’air.

J’en veux à toute notre société de ne pas œuvrer beaucoup plus dès la petite enfance pour apprendre aux enfants et donc aux ados à savoir quoi faire de leurs insécurités, à quoi faire de leurs manques affectifs, à quoi faire de leurs blessures de rejet, d’injustice ou d’abandon.

  • Je rêve d’un monde où les faibles s’excusent auprès de celles et ceux qu’ils ont utilisé pour camoufler leurs faiblesses. 
  • Je rêve d’un monde où nous arrêterions de faire semblant et où il ne serait pas dangereux de se montrer tel que nous sommes, à tout instant de la vie.
  • Je rêve d’un monde où l’on s’entraiderait à vivre la vie qu’on nous a offerte, pour le meilleur et pour le pire, faites de beautés et de joies, ainsi que de pertes, de troubles, de drames et de fragilités.
  • Je rêve d’un monde où l’on prendrait soin de nos sentiments de faiblesse plutôt que de les malmener et de malmener nos entourages avec.

Je rêve d’un monde où le soutien serait un dû, quelque chose de gagné d’avance avant même de naître, que l’on se sente faible ou fort.

Ce monde, je le créer morceau par morceau avec Terres d’Avril et toutes ces ramifications.

Soyez les bienvenues avec vos enfances, vos souvenirs, vos besoins de réassurance, vos tristesses et vos deuils, vos envies de prendre soin en profondeur de ces parties de vous oubliées ou au contraire bien vivantes.

Et si vous aussi, vous avez besoin de mordre, de rencontrer votre agressivité un peu trop contenue à l’intérieur, de lui faire de la place pour mieux prendre votre place dans la vie, peu importe votre âge et votre genre, pensez aux ateliers Playfight !

De manière joyeuse, joueuse et consentie cette fois-ci, ces ateliers à vivre en binôme ou en groupe sont l’occasion de célébrer votre capacité à vous affirmer et à vous défendre sans pour autant apprendre à se battre. Il s’agit plutôt d’un jeu d’enfant qui pour autant peut permettre de revivre et réveiller d’anciennes mémoires et de leur faire du bien. 

Apprendre à s’affirmer par le corps, par le jeu et par la résistance avec des règles claires et efficaces de consentement.